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Moi, Yves Tantat, je te présente mon blog dédié à l'engagement citoyen, en espérant qu'il te rendra toi aussi altruiste et beau.

Les Grecs se mettent à table

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Je me suis enfin décidé à rencontrer des Grecs, des vrais. « Toutes ces recherches et ces correspondances c’est bien beau, mais il est temps que j’interroge les premiers concernés par cette enquête », me suis-je dit. Et quoi de mieux pour qu’ils se mettent à table que de les inviter à dîner ?

Dimitri et Marina, de l’Initiative de Solidarité avec la Grèce qui résiste – Bruxelles, ont répondu présent à mon appel culinaire. Constitué de Grecs qui vivent ici, ce groupe a pour but d’informer les Belges et les Grecs résidants en Belgique de ce qui se passe là-bas. En se montrant ainsi solidaires, ils souhaitent faire entendre une autre voix quand se négocie, notamment ici, dans la capitale de l’Europe, le sort de leurs compatriotes.

La soirée s’annonçait passionnante.

J’ai invité des copains pour que notre discussion profite au plus grand nombre et on s’est tout de suite mis à pleurer, en épluchant les oignons. Le menu fin prêt, Dimitri et Marina sont arrivés et nous sommes passés à table. Ils nous ont alors fait part de la situation de leur pays. Et j’ai de nouveau eu envie de pleurer.

J’ai commencé par apprendre que 90% des Grecs ont vu leurs revenus baisser, qu’entre les baisses de revenus et l’augmentation des impôts et des prix, les portefeuilles ont été « coupés en deux » et qu’ 1/3 des Grecs vit sous le seuil de pauvreté. Wow ! 

Comme on n’était pas sûrs de comprendre, Dimitri et Marina nous ont expliqué qu’ aujourd’hui, le salaire minimum pour un temps plein est de 400 euros, ce qui n’est pas suffisant pour vivre correctement. Ils ont ajouté que pour aller à l’hôpital, il fallait payer systématiquement 25 euros. « Et 25 euros, c’est beaucoup en Grèce ». J’ai aussi appris qu’il fallait payer l’essence pour se faire ramener de l’hôpital en ambulance, un poids financier supplémentaire lorsqu’on n’a pas d’autre choix  pour se déplacer.

Souvent, ça parlait de la Troïka, alors je leur ai demandé ce qu’ils entendaient par là.

La discussion se poursuit et nous finissons par rentrer dans le vif du sujet : la crise, c’est quoi ?

«Il y a un mécanisme de transfert d’argent. Un transfert d’argent des contribuables belges, allemands… vers des banques belges, allemandes…Un transfert d’argent qui transite par la Grèce. »

Depuis, abassourdi, j’ai vérifié les dires de Marina et Dimitri. Ils s’avèrent être exacts. Sacré médicament choisi pour « soigner la Grèce », surtout lorsque l’on sait que le pays compte déjà 15000 fonctionnaires de moins, des écoles et des hôpitaux en danger, et une télévision publique qui a pu être fermée du jour au lendemain. En plus ça déménage, en Grèce ! Ils sont de plus en plus nombreux à quitter le pays, à laisser leur maison, à disparaître, parfois dans la nuit. Comme on nous le raconte ici. Au passage, au cours de mes recherches, j’ai trouvé un fait intéressant. On prétend que tous les pays sont endettés, mais il existe bien un pays sans dette : le Brunei. Mais ça n’apporte rien au sujet qui nous occupe, je te l’accorde.

Ces histoires grecques me rappelaient de vieux contes africains. J’en ai fait part à mes convives.

Dimitri nous explique que le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde s’intéressait désormais de près à la dette grecque, mais aussi à la dette belge, qu’ils considèrent comme illégitimes.

« Une dette illégitime ? » T’entends-je me demander, perplexe.

Selon le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM), il existe 4 moyens d’analyse permettant d’identifier une dette illégitime :

  1. 1468721_10151830619796778_1243028375_nLa conduite des créanciers : leur connaissance de l’illégitimité du prêt.
  2. Les circonstances du contrat : le rapport de force en faveur du créditeur, le débiteur mal ou pas informé, le peuple qui n’est pas forcément d’accord.
  3. Les termes du contrat : termes abusifs, taux usuraires…
  4. La destination des fonds : leur utilisation ne profite pas à la population et bénéficie à une personne ou un groupe

Les discussions se poursuivent et ils semblent qu’on ne parle pas que de la Grèce, mais aussi de nos voisins d’outre-Quiévrain et d’outre-Rhin. 

http://micro-ondes.be/IMG/mp3/IS04Lesallemands.mp3

« À qui profite le crime ? », me suis-je alors demandé (en mon for intérieur, je ne suis pas juré aux assises). Parce que pendant ce temps, y’en a qui vende des armes en rafale aux Grecs me semble-t-il ! C’est même ce bon vieux Dany qui le dit !

Je laisse la conclusion à Dimitri, qui nous explique que selon lui, la dette n’a rien à voir avec ce qui se passe en Grèce.

Je ressors de cette rencontre avec beaucoup de questions en tête et de pistes pour mon enquête. La démocratie grecque est-elle en danger ? Qui est Aube Dorée ? Les autres pays européens sont ils aussi menacés dans leur droit de décider de leur politique démocratiquement ?

PEACE, LOVE, WHAT ELSE ?

Information

Cette entrée a été publiée le décembre 19, 2013 par dans L'enquête grecque.
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