IAMACITIZEN.EU

Moi, Yves Tantat, je te présente mon blog dédié à l'engagement citoyen, en espérant qu'il te rendra toi aussi altruiste et beau.

3# Correspondance : Sea Green

8986_110311002499820_1886283632_n

Vous ne savez vraiment pas où aller chercher l’information, bande d’amateurs.

J’ai décidé de voir les choses en grand moi, d’avoir des visées étatiques, voir léthales, et me suis rendu à la Banque Nationale. Mon idée était de glaner un maximum d’information sur ce qui est la base de ton équation grecque : l’argent.

L’accueil fut assez froid, je dois avouer. On m’indiqua gentiment le musée. Là sous les épaisses poussières remuées par mes interrogations multiples, je découvris le vrai visage de l’argent. Laisse-moi te résumer ce que j’ai appris :

1. L’argent :

L’argent, ce n’est pas seulement sonnant et trébuchant. L’argent, c’est l’échange, et l’échange cela peut prendre différentes formes, parfois des plus étonnantes : une grosse pierre avec un trou dedans, un collier en plume, j’en passe et des meilleures.

Notre argent à nous, lui, est plus éphémère. « Ça vit que 13 mois, un billet. » me dit la dame. Il y a le problème de la contrefaçon, aussi. Tu savais qu’en Belgique, ce sont les billets de 50 euros qui sont les plus contrefaits, surtout par les Napolitains ? Ils se font pas mal remarquer dans l’histoire ceux-là d’ailleurs. On leur doit même l’invention du mot banqueroute. Tu sais, ce phénomène qui part parfois d’une simple rumeur. Par exemple : « L’agent de change Lombard (vous savez, celui qui échange tout type de monnaie) aurait prêté trop d’argent ». Résultat : tout le monde s’emballe et veut récupérer ses devises, au risque de casser (« rota ») le meuble les renfermant (« banca »).

L’argent, ça peut aussi ne plus rien valoir, ne plus valoir le coût. En 1922, en Allemagne un pain coûtait 5600 milliards. Tu vois le tableau d’ici : les brouettes ne suffisaient plus pour porter la monnaie. C’est ce qu’on appelle les joies de l’inflation. Comme au Zimbabwe en ce moment, les prix montent et l’argent ne vaut plus rien.

2. le NAIRU :

Du coup y’en a qui flippe, m’a-t-on dit (pas tout à fait dans ces termes, je te l’accorde). En Europe, par exemple, on ne veut plus en entendre parler, de l’inflation. On préfère même à cela un bon gros taux de chômage, il y a même un indicateur pour ça… personne ne le niera, ça s’appelle le NAIRU (pour Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment). En résumé, il s’agit d’un indicateur qui renseigne le taux de chômage nécessaire pour qu’il n’y ait pas d’augmentation des prix, et donc d’inflation. En tableau, ça donne ça.

C’est assez magique, en fait, parce qu’en général ça correspond exactement au taux de chômage (ce qui fait même dire aux analystes les plus fous qu’il s’agirait d’un taux naturel).

Vu sous cet angle on se rend compte, comme par hasard, que le taux de chômage nécessaire et souhaitable va monter en Grèce dans les prochaines années (jusqu’à 16%).

Il semblerait donc qu’il n’y a pas d’intérêt à voir le chômage baisser en Grèce sur le plan économique.

3. Les comparatifs de dettes :

Normalement pour pouvoir faire partie de la zone euro il faut être à moins de 60 % de dette publique par rapport au PIB. La Grèce atteint un score record de 160%. Ceci dit, beaucoup d’autres pays sont dans le même cas, juge plutôt ce tableau. Et lit ça, aussi.

201330_dette_publique_UE

Comme quoi la crise grecque, ce n »est pas qu’une histoire de dette… c’est surtout une question d’argent !

En espérant que j’ai contribué à lever quelque peu le voile de ton ignorance.

Bien à toi,

Ton dévoué,

Sea

Information

Cette entrée a été publiée le décembre 14, 2013 par dans Correspondances.
%d blogueurs aiment cette page :